Saphet, le
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Toponymes connus
- Saphet, le Med.
- Safed - Ṣafad / صفد Arabe
- Tzfat - Ṣefat / צפת Hébreu Contemp.
Description
Histoire
Située en Haute Galilée, sur une hauteur dominant le lac de Tibériade, la forteresse de Saphet occupait une position stratégique dans le dispositif défensif du royaume latin de Jérusalem, le long d'une voie de communication entre Acre et Damas.
Un premier château fut établi dès les premières décennies de la conquête franque. Il appartenait au domaine royal avant d'être confié, en 1168, à l'ordre du Temple par le roi Amaury Ier. En 1188, au lendemain de la défaite de Hattin, la forteresse fut prise par Saladin et demeura sous domination musulmane pendant plus d'un demi-siècle.
La croisade des Barons de 1239-1240 permit aux Francs de recouvrer Saphet, qui fut restituée aux Templiers. À cette date, l'ancien château était ruiné. Sa reconstruction fut entreprise à l'initiative de Benoît d'Alignan, évêque de Marseille, qui convainquit le grand maître du Temple de de son importance pour la défense des territoires francs de Galilée. Les travaux commencèrent vers 1240 et se poursuivirent durant plusieurs années.
L'importance de ce chantier est connue grâce à un récit contemporain, rédigé une vingtaine d'années après les événements, par un auteur anonyme qui visita le site à deux reprises avec l'évêque de Marseille. Ce texte décrit une forteresse dotée de sept tours, de puissantes courtines, de galeries, d'une barbacane et d'une garnison pouvant atteindre 1 700 hommes, ouvriers compris.
Cette nouvelle forteresse, l'une des plus puissantes possessions templières de Terre sainte, fut assiégée le 26 juin 1266 par le sultan mamelouk Baybars. Après un bombardement intense et le creusement de plusieurs mines, la barbacane fut emportée. La garnison capitula moins d'un mois après le début du siège, contre une promesse de sauf-conduit qui ne fut pas respectée : les défenseurs furent exécutés le lendemain de leur reddition.
Très endommagé, le château fut restauré par Baybars, puis renforcé sous le règne du sultan Qalāwūn, auquel on doit notamment la construction d'une grande tour circulaire. La forteresse conserva une importance militaire à l'époque mamelouke avant de perdre progressivement son rôle stratégique.
Description
Le château occupait un vaste promontoire allongé dont les défenses épousaient la topographie. Malgré son importance passée, les vestiges de la forteresse aujourd'hui visibles sont relativement modestes et furent surtout révélés par les fouilles.
L'enceinte extérieure, attribuable à la reconstruction templière entreprise à partir de 1240, dessinait un vaste périmètre d'environ 700 mètres. Elle était flanquée de sept tours et précédée d'un fossé. Son accès septentrional était défendu par une barbacane.
À l'intérieur de cette enceinte s'élevait un noyau fortifié allongé, protégé par une seconde enceinte dont subsistent des fragments de courtines.
En arrière de cette seconde enceinte, les fouilles ont révélé des vestiges dont mes plus anciens pourraient remonter au château franc primitif, c'est-à-dire antérieur à la reconstruction du milieu du XIIIe siècle. C'est notamment le cas d'un mur polygonal en moyen appareil, renforcé de contreforts.
À la phase templière se rattachent une courtine percée d'archères à niche et les vestiges d'un bâtiment voûté construit contre sa face intérieure. Celui-ci appartenait à une catégorie d'aménagements fréquemment rencontrés dans les grandes forteresses franques du Proche-Orient : les galeries voûtées, qui permettaient d'abriter, au revers des courtines, des espaces fonctionnels.
Les recherches ont également mis au jour un petit vestibule carré, couvert d'une voûte d'ogives dont le culot des nervures sont finement travaillés.
Après la conquête de 1266, les Mamelouks modifièrent sensiblement le système défensif. Baybars fit notamment aménager, contre l'ancienne enceinte franque, une rampe d'accès voûtée, défendue par des archères, conduisant à une nouvelle tour-porte. Cet ouvrage témoigne de la réorganisation des accès à la forteresse après sa prise.
La transformation la plus spectaculaire fut cependant la construction, sous Qalāwūn, d'une tour circulaire de 37 mètres de diamètre, abritant une citerne monumentale. Une rampe hélicoïdale ménagée dans l'épaisseur de ses murs permettait d'accéder à cette dernière. Cette construction témoigne de l'importance que les souverains mamelouks continuèrent d'accorder à la place.