Puy du Connétable, le

Liban | Comté de Tripoli


Toponymes connus

  • Puy du Connétable, le
  • Mseilha - مسيلحة Arabic Contemp.

Description

Français | Deutsh

Histoire

Le château de Mseilha apparait pour la première fois lorsque les Croisés durent emprunter l’étroit défilé contournant le massif rocheux du Râs Shaqqa, entre Nephin et le Boutron. Le fort, perché sur son piton, ne pouvait contenir, au témoignage des chroniques, que six hommes, mais ces derniers auraient suffit à eux seuls « pour défendre le passage contre tous ceux qui vivent sous le ciel. » (Albert d’Aix)

Les premiers Croisés, alors placés sous la protection du gouverneur de Tripoli, traversèrent sans encombre ce dangereux défilé. Au cours des deux siècles d’occupation franque qui s’en suivirent, s’il semble ne faire aucun doute que les comtes de Tripoli firent fortifier la position, un problème subsiste pourtant quant à l’appellation que les Francs donnérent au site : en effet, aucune source ne semble plus faire mention du fameux Qalaat Mseilha, alors qu’apparait le « Puy du Connétable » (ou Puy Guillaume, ou encore Passe Saint-Guillaume), localisé selon toute vraisemblance au même endroit. De récentes études semblent confirmer cette assertion, la désignation dans les corbières françaises de sites situés sur de tels éperons par les termes « pog » (Montségur) ou « puy » (Puy Laurens) fournissant autant d’exemples concordants. En plus de la toponymie, l’importance même de cet étroit défilé aurait justifié à elle seule l’attribution de la position au Connétable de Tripoli.

Fort de cette analyse, il conviendrait alors d’attribuer à l’histoire de Mseilha, le legs de la citadelle dite Castrum Constabularii par le comte de Tripoli, Bertrand de Saint Gilles à l’Eglise Saint-Laurent de Gènes en 1109. Cette seigneurerie sera maintenue jusqu’en 1278, les seigneurs du Puy figurant jusqu’à cette date parmi les connétables du Comté.

Description

Le château que l’on peut admirer aujourd’hui du bord de l’autoroute, n’est en aucun cas l’oeuvre des Croisés, mais bien celle de l’Emir Fakr el-Din, qui refortifa au début du XVII° siècle plusieurs forteresses franques ( Beaufort, Cave de Tyron…) au cours de sa révolte contre la Sublime Porte. Il reste que, accroché aux paroies abruptes de son piton, le fort garde toujours romantiquement la vallée, et offre en son intérieur un étonnant dédale de couloirs et de salles dont l’obscurité contraste avec les stries de lumières de ses multiples archères à niches.