Safita

Syrie | Comté de Tripoli

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Toponymes connus

  • Safita - Ṣāfītā / صافيتا Arabe
  • Chastel Blanc Med.
  • Castrum Album Latin Med.

Description

Français

Histoire

Safita, diminutif de Burǧ Safita, signifie littéralement en arabe la « tour claire », ce qui explique probablement le nom que lui donnèrent les Croisés : Chastel-Blanc. Il est vrai que cette fière tour maîtresse quadrangulaire dominant la trouée de Homs irradie de la blancheur de ses pierres la campagne environnante.

Contrôlant dès 1112 les frontières septentrionales du comté de Tripoli, le Chastel-Blanc fut pris et ruiné en 1167 et 1171 par l'atabeg Nur al-Din. L'ordre du Temple – dont il porte profondément l'empreinte, dans une région essentiellement dominée par l'ordre de l'Hôpital – en reçut vraisemblablement la garde vers 1170, avec la charge de le reconstruire après un violent séisme.

À nouveau très endommagé par un tremblement de terre en 1202, le site fut enfin enlevé par le sultan Baïbars en février 1271, les 700 Templiers qui l'occupaient alors se retirant vers Ṭarṭūs après en avoir reçu l'injonction des dignitaires de l'Ordre.

Description

La tour, magnifique construction haute de 27 mètres, est composée de deux étages surmontés d'une terrasse crénelée : le premier renferme une chapelle voûtée en berceau (aujourd'hui lieu de culte grec orthodoxe dédié à saint Michel), tandis que le second est aménagé en une salle voûtée en deux nefs parallèles, soutenues par une file de trois piliers. Cette salle haute est défendue par de nombreuses archères sous niche.

La circulation entre ces espaces se fait au moyen d'un escalier aménagé dans le mur est de la tour. La plateforme de couronnement est gagnée au moyen d'un autre escalier accolé au mur est et perçant le berceau du second niveau.

Sous le sol de la chapelle, il faut signaler l'existence d'une citerne de 16 m sur 16 m, ainsi que la présence de souterrains auxquels on accédait jadis par une niche au sud de la chapelle, aujourd'hui bouchée. De l'enceinte polygonale qui défendait jadis le bourg castral, on ne retrouve que quelques éléments épars fondus dans les habitations de la ville moderne. À noter la présence systématique d'un glacis maçonné et de solutions de flanquement légères (fig. 6). À l'est, un ouvrage appelé Qasr Bent el-Malik, aujourd'hui fortement ruiné mais très saillant, marquait probablement l'entrée principale. Il possédait une grande salle voûtée d'ogives au niveau de son premier étage.

Véritable vigie sur la campagne environnante, la tour est en intervisibilité directe avec de nombreuses petites tours maîtresses rurales : citons par exemple qalaat Umm Hosh, burj Bjemasch, burj Zara ou encore la tour de Tokle. Par temps clair, on aperçoit même, depuis la terrasse du donjon, le Crac des Chevaliers ainsi que la ville de Tartous.