Kız (Çandır)

Turquie | Royaume d'Arménie en Cilicie, Cilicie

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Toponymes connus

  • Kız (Çandır) (Kiz) Turc Contemp.
  • Surb-P'rkič' - Surb P'rkič' / Սուրբ Փրկիչ Arménien Med.

Description

Français

Le monastère de Kız se situe dans le massif montagneux immédiatement au nord de Mersin, au cœur de l’une des anciennes baronnies les plus puissantes du royaume arménien de Cilicie. Délimité à l’est par le profond lit du Deli Çay et, au nord et à l’ouest, par le rebord du plateau anatolien, ce territoire avait pour centre la grande ville fortifiée de Çandır Kalesi, fief de la famille royale des Héthoumides.

Les voies remontant les vallées vers Çandır Kalesi étaient contrôlées par une série d’ouvrages fortifiés encore préservés : tours maîtresses au sud (Belenkeşlik, Gözne), fortins vers l’ouest (Evciler, Hisar) et, au nord, forteresse de Bögrüegri, en intervisibilité directe avec Çandır Kalesi et Lambron.

À seulement 3 km au sud de Çandır Kalesi, mais à l’écart des principales voies de communication, le monastère de Kız est accroché à une falaise dominant l’endroit où la petite vallée permettant de l’atteindre s’effondre brutalement vers le lit du Deli Çay.

Son accès était défendu sur une cinquantaine de mètres par un étroit chemin aménagé dans un décrochement de la falaise, large de seulement deux à trois mètres. La porte principale a disparu, mais quelques parements d’un important massif en marquent encore l’emplacement. Au-delà, le passage, légèrement élargi, est contenu entre la paroi rocheuse et une courtine dont subsistent quelques fragments. Ce dispositif rappelle celui mis en œuvre pour l’accès à la citerne située au pied du promontoire de Çandır Kalesi. Une seconde porte, partiellement préservée et ménagée dans un mur barrant entièrement le passage, donne accès au cœur du monastère.

Celui-ci occupe une succession de grandes cavités largement ouvertes, sans aménagement spécifique conservé, qui se développent sur une cinquantaine de mètres en suivant l’arrondi du promontoire rocheux. À son extrémité orientale, un piton projeté de plusieurs mètres en avant de la falaise porte l’église de Surb-P‘rkic‘, ou du « Saint-Sauveur ».

Presque intact, le mur sud porte à l’extérieur une inscription monumentale en arménien, comprise entre la porte latérale et l’extrémité orientale de l’édifice.

Placée au droit du précipice, comme le mur nord et le chevet, elle n’est observable qu’à distance depuis les cavités attenantes (fig. 4). Contrairement à la grande inscription de Çandır Kalesi, ses caractères ont été finement gravés directement sur les parements.

L’église comprend une grande nef simple accessible à l’ouest par une porte dont ne subsistent que les premières assises de l’encadrement, orné d’un corps de moulures organisé autour d’un tore. Une seconde porte, couverte d’un arc clavé en plein cintre, est ménagée dans le mur sud. L'ensemble est construit dans une belle maçonnerie fourrée aux parements de calcaire généralement lisses, à l’exception des assises basses, où subsistent de légers bossages.

Le chœur semi-circulaire est séparé de la nef par deux légers ressauts verticaux d’une dizaine de centimètres, disposition courante dans les chapelles castrales et églises arméniennes. Une fenêtre étroite et haute, couverte d’une petite voûte en demi-cône à deux claveaux, en perce l’axe. À l’extérieur, elle est rehaussée d’une frise géométrique comparable à celles de la grande église de Çandır Kalesi.

Le chœur était couvert d’une demi-coupole dont ne subsistent que quatre lits d’assises concentriques. Sa liaison avec les murs porteurs est soulignée par une délicate moulure portant encore quelques fragments de fresque colorée. Deux niches disposées symétriquement de part et d’autre de l’axe de la nef complètent le décor ; leurs bords sont sculptés de deux colonnettes mêlées et conservent également des fragments de fresques.

L’église présente enfin une particularité remarquable : un ouvrage rectangulaire accolé à l’entrée occidentale et prolongeant l’accès à la nef. Ses parements, de taille plus fruste et dépourvus de bossage, se distinguent nettement du reste de l’édifice. Une seule assise en subsiste au niveau du sol, mais l’ensemble peut très probablement être identifié comme un narthex, type d’ouvrage généralement apparenté à un mausolée.