Haruniye

Turquie | Royaume Arménien de Cilicie

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Toponymes connus

  • Haruniye - الهرونية Arabic Med.
  • Harun - Հարուն Armenian
  • Harun Reşit Kalesi Turc Contemp.

Description

Français

Histoire

Lorsque les armées de l’Islam marquèrent une halte dans leur marche triomphale sur les terres byzantines, la Cilicie devint l’une des frontières de leur tout nouvel empire. Il semble qu’au VIIIème siècle le célèbre calife Haroun al-Rachid fit construire un premier fortin qui commandait une route stratégique permettant de traverser le massif montagneux de l’Amanus afin d’en commander le passage.

Il dut subir son premier siège lors de la reconquête de Nicéphore Phocas menée à la toute fin du Xème siècle. La citadelle entra ensuite dans le giron arménien à une date indéterminée.

Léon Ier d’Arménie, couronné en 1198, s’attacha rapidement les faveurs des Teutoniques, nouvel ordre militaire alors fraîchement débarqué en Orient. Ceux-ci se virent confier dans un premier temps la garde de la citadelle d’Amuda, pour prendre ensuite possession d’Haruniye en 1236, par l’entremise du nouveau roi Hetoum.

L’ordre y réalisa probablement les ouvrages principaux de défense du front d’attaque.

Fortement impliqué en Prusse orientale, il ne sera pas capable de conserver ses positions face aux violentes incursions des Mamelouks, lesquels parviendront à s’emparer de Haruniye vers la fin du XIIIème siècle.

Description

L’aspect de la forteresse, majoritairement construite en basalte, n’est pas sans rappeler Toprakkale ou Margat. Sise au sommet d’un tertre rocheux d’une forme conique quasi parfaite, son état de conservation est remarquable.

De forme générale allongée, le château est entouré sur 3 côtés par des escarpements et l’accès n’est possible que par l’ouest.

Seul un nombre limité d’ouvrages se détachent de la courtine qui forme une enceinte unique. Le principal est un puissant donjon semi-circulaire défendant le front d’attaque et commandant la porterie. Cette porterie porte de nombreuses marque de tâcherons et est munie d’une herse, procédé peu pratiqué au Moyen-Orient qui permet très certainement de l’attribuer aux teutoniques.

À l’extrémité sud du site, une poterne est flanquée de deux petites tours carrées.

De la présence teutonique on retient aussi le grand couloir desservant l’entrée principale, dont la voute en berceau est renforcée par une série d’arcs doubleaux reposant sur des culots soigneusement décorés, et dont mur formant le flanc nord du château est percé d’un série d’archères à étriers semi-circulaires.

L’une des particularités du site est la présence, dans le donjon semi-circulaire d’une probable chapelle.

En 2010, d’importants travaux de restaurations ont été entrepris. Ils ont dénaturés de façon très significative le site.