Gibelacar

Liban | Comté de Tripoli

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Toponymes connus

  • Gibelacar
  • Qalaat 'Akkar - قلعة عكار Arabic
  • 'Akkar al-Atiqua - عكار العتيقا Arabic

Description

Français

Histoire

Commandant une route de montagne à près de 700 m d’altitude, le château de Gibelacar, au cœur du massif du même nom, se dresse sur un étroit éperon rocheux, délimité par deux gorges du Nahr ‘Akkar. Cette citadelle occupait en son temps une position vitale pour le comté de Tripoli, en ce qu’elle protégeait sa partie la plus vulnérable, à savoir l’endroit où les musulmans pouvaient faire irruption dans la plaine d’Archas et couper les communications entre Tortose et Tripoli. Elle permettait également aux Francs de contrôler et de couper à leur gré la grande route musulmane reliant Homs à Baalbek.

En 1109, alors que les Provençaux du comte Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, marchaient contre Rafanée sur la rive gauche de l’Oronte, l’atabeg seljûkide de Damas Tughtekin, accouru pour défendre la place, préféra traiter avec eux : il fut convenu qu’un tiers des récoltes de la Beqa’ leur serait abandonné, ainsi que les forteresses du Moinestre et de Gibelacar, en échange de leur engagement de ne plus s’en prendre entre autres à la cité de Rafanée. Le château fut ensuite concédé à l’illustre famille de Puylaurens.

Nur al-Din enleva la place à une date indéterminée entre 1160 et 1169. Les chevaliers tripolitains – privés de leur chef, le comte Raymond III, alors retenu dans les geôles alépines – entreprirent une expédition pour recouvrer le château dont ils s’emparèrent en janvier 1170. Le roi Amaury Ier, alors bayle du comté, en confia la garde ( ainsi que celle d’Archas ) à l’ordre Hospitalier, donation que Raymond III semble ne pas avoir confirmé une fois libéré.

En avril 1271, le sultan Baïbars assiégea la place, qui capitula le 11 mai après avoir été bombardée et fortement endommagée huit jours durant.

Description

Aujourd’hui, seule ce qui semble être une tour-maîtresse, ouvrage reconstruit par le sultan Baïbars à l’emplacement vraisemblable d’une tour franque, domine encore fièrement le paysage. Couronnée sur les faces est et sud par une frise alternant écussons vides et lions héraldiques, emblèmes du belliqueux mamelouk, l’ouvrage n’est en fait que l’aménagement ingénieux du repli de la courtine. En cet endroit, elle forme un angle aigu et les architectes n’eurent qu’à aménager, dans ce réduit, des niveaux desservant la plate forme de tir ainsi que des niveaux percés d’archères à niches. Au pied de cet ouvrage rappelant à maints égard celui de Kérak, un berquil et une rainure verticale taillée dans le roc montrent qu’une canalisation menait l’eau de la terrasse au réservoir.

Le reste du château proprement dit n’est plus qu’un monceau de ruines dépareillées, qui ne révéleront leurs mystères qu’après d’importantes fouilles. Seul un ouvrage, à l’extrémité nord, présente encore un certain intérêt. Largement comblé par des décennies “d’occupation animale”, plusieurs archères finement réalisées témoignent encore de l’effort qui fut porté par les Mamelouks dans la réalisation de cette organe de défense destiné à commander l’approche par le nord.

De la terrasse de la tour-vigie, on aperçoit par une percée les forteresses du Crac de l’Hospital et de Chastel Blanc .